RADAR LANAUDOIS



En 2016-2017, les filles du secondaire de Lanaudière sont plus nombreuses, en proportion, à être touchées par des problèmes de santé mentale liés à l’anxiété et à la dépression1,2.

Faits saillants

En 2016-2017, les jeunes de Lanaudière-Nord sont, en proportion, légèrement moins nombreux que ceux de l’ensemble du Québec à avoir une santé mentale florissante, soit le niveau le plus élevé de santé mentale positive, alors que ceux de Lanaudière-Sud sont, à l’inverse, plus nombreux. Autant dans les deux territoires de Lanaudière que dans l’ensemble du Québec, une différence entre les sexes est notée; la proportion des garçons à déclarer se situer à ce niveau de santé mentale florissante étant légèrement plus élevée que celle des filles. En ce qui concerne la proportion des élèves du secondaire se déclarant à un niveau élevé de détresse psychologique, une différence significative est constatée entre les garçons et les filles alors que les garçons de Lanaudière-Nord se distinguent significativement par rapport au reste du Québec. Pour terminer, les élèves du secondaire de Lanaudière sont, en proportion, plus nombreux à avoir reçu un diagnostic d’anxiété que le reste du Québec tandis que les proportions étaient comparables au regard des diagnostics de dépression.

Les données présentées dans cette fiche ne tiennent bien sûr pas compte de la pandémie de COVID-19. Puisque celle-ci a joué sur la santé mentale de la population, et plus particulièrement celle des jeunes, comme en témoignent déjà plusieurs études et enquêtes16, il est primordial de les écouter et d’agir afin d’amoindrir les impacts collatéraux de la pandémie. La prochaine version de LEnquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (L’EQSJS) devrait permettre d’en obtenir un portrait complet afin de mettre en place des actions cohérentes et concertées.

La nécessité de documenter la santé mentale des jeunes est de plus en plus reconnue5, compte tenu du fait que les problèmes de santé mentale peuvent se manifester à tout moment et affecter la capacité d’une personne d’atteindre son plein potentiel. En effet, ils perturbent la réussite de l’élève et les relations interpersonnelles qu’il entretient à l’école6 et l’affectent dans sa globalité; sa motivation, sa persévérance et sa réussite scolaire peuvent donc être compromises7. Alors que la santé mentale était traditionnellement définie par l’absence de troubles mentaux, une nouvelle conceptualisation plus positive a été proposée au cours des dernières décennies selon laquelle elle est maintenant définie par le bien-être, au-delà de l’absence de troubles mentaux8. Par ailleurs, il importe de souligner que si certains jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale arrivent à tout de même fonctionner dans différentes sphères de leur vie, ces troubles viennent avec un lot de souffrances et de difficultés9. Tous les acteurs de la réussite éducative doivent être outillés afin de déceler les signes de détresse psychologique et encourager les jeunes à solliciter les différents services d’aide disponibles.

Un chapitre complet de L’EQSJS traite de la santé mentale des jeunes9 en décrivant les problèmes de cet ordre ainsi que l’indice de santé mentale positive. Ce dernier est construit à l’aide des échelles de bien-être émotionnel et de bien-être fonctionnel10 et sa mesure va de « florissante », à « modérément bonne », à « languissante »11,12. Les personnes ayant une santé mentale florissante ont donc un niveau élevé de bien-être émotionnel et fonctionnel. La détresse psychologique, caractérisée par un ensemble d’émotions négatives pouvant mener à l’anxiété et la dépression, est mesurée, quant à elle, par l’indice de détresse psychologique à partir de questions sur l’état dépressif, l’état anxieux, les problèmes cognitifs et l’irritabilité5.

Alors que les troubles anxieux et dépressifs sont parmi les problèmes de santé mentale les plus fréquents dans la population13, il est important de noter que la prévalence chez les jeunes peut être sous-estimée. En effet, l’élève peut ne pas avoir reçu de diagnostic médical s’il n’a pas consulté un professionnel de la santé. Une surestimation est aussi possible étant donné que la procédure utilisée pour poser un diagnostic peut varier d’un professionnel à l’autre9. Afin d’expliquer certains diagnostics de troubles anxieux chez les jeunes, certains experts se questionnent à savoir si l’anxiété des parents se reflète sur les enfants, dans un contexte social où la compétitivité, la performance et le rythme effréné affectent autant les adultes que les jeunes.

Les analyses effectuées à partir des données de l’EQSJS indiquent que plusieurs caractéristiques sociodémographiques, personnelles et scolaires des jeunes peuvent avoir une influence sur les précédents indicateurs de santé mentale, notamment la situation familiale, le niveau de supervision parentale, le niveau de scolarisation et le statut d’emploi des parents, la perception de la performance scolaire, le soutien social, l’adoption de saines habitudes de vie (p. ex. l’activité physique et le sommeil) ainsi que le fait d’occuper un emploi pendant l’année scolaire et d’y consacrer un grand nombre d’heures9,14. D’autres auteurs concluent que les jeunes exposés à des conditions socioéconomiques difficiles sont plus à risque d’avoir des problèmes de santé mentale. La santé mentale des parents ainsi que le niveau de soutien affectif au sein de la famille sont des éléments supplémentaires associés à la santé mentale des jeunes15.

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  1. Les données portant sur les élèves du secondaire ayant reçu un diagnostic médical d’anxiété proviennent de l’Institut de la statistique du Québec, Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire, 2016-2017. Rapport de l’Infocentre de santé publique du Québec. Mise à jour le 26 avril 2017 et le 30 octobre 2018, disponibles sur SYLIA – Statistiques régionales, Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière, Direction de santé publique. https://www.cisss-lanaudiere.gouv.qc.ca/fileadmin/internet/cisss_lanaudiere/Documentation/Sylia_statistiques_regionales/Sante_mentale_et_psychosociale/Diag_anxiete_EQSJS.xlsx
  2. Les données portant sur les élèves du secondaire ayant reçu un diagnostic médical de dépression proviennent de l’Institut de la statistique du Québec, Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire, 2016-2017. Rapport de l’Infocentre de santé publique du Québec. Mise à jour le 26 avril 2017 et le 30 octobre 2018, disponibles sur SYLIA – Statistiques régionales, Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière, Direction de santé publique. https://www.cisss-lanaudiere.gouv.qc.ca/fileadmin/internet/cisss_lanaudiere/Documentation/Sylia_statistiques_regionales/Sante_mentale_et_psychosociale/Diag_depression_EQSJS.xlsx
  3. Les données portant sur les élèves du secondaire ayant une santé mentale florissante proviennent de l’Institut de la statistique du Québec, Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire, 2016-2017. Rapport de l’Infocentre de santé publique du Québec. Mise à jour le 30 octobre 2018, disponibles sur SYLIA – Statistiques régionales, Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière, Direction de santé publique. https://www.cisss-lanaudiere.gouv.qc.ca/fileadmin/internet/cisss_lanaudiere/Documentation/Sylia_statistiques_regionales/Sante_mentale_et_psychosociale/Sante_mentale_floris_EQSJS.xlsx
  4. Les données portant sur les élèves du secondaire situés à un niveau élevé de l’indice de détresse psychologique proviennent de l’Institut de la statistique du Québec, Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire, 2016-2017. Rapport de l’Infocentre de santé publique du Québec. Mise à jour le 26 avril 2017 et le 30 octobre 2018, disponibles sur SYLIA – Statistiques régionales, Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière, Direction de santé publique. https://www.cisss-lanaudiere.gouv.qc.ca/fileadmin/internet/cisss_lanaudiere/Documentation/Sylia_statistiques_regionales/Sante_mentale_et_psychosociale/Detresse_psycho_EQSJS.xlsx
  5. INSPQ (2018, octobre). Proportion des élèves du secondaire se situant à un niveau élevé à l’indice de détresse psychologique (EQSJS). Portail de l’Infocentre de santé publique du Québec. https://www.cisss-lanaudiere.gouv.qc.ca/fileadmin/internet/cisss_lanaudiere/Documentation/Sylia_statistiques_regionales/Sante_mentale_et_psychosociale/Detresse_psycho_EQSJS.pdf
  6. Montreuil, T. (2018). La santé mentale en milieu scolaire : défis et enjeux. Psychologie Québec, 35(3), 20-21.
  7. Martineau, M., Beauchamp, G. et Marcotte, D. (2017). Efficacité des interventions en prévention et en promotion de la santé mentale dans les établissements d’enseignement postsecondaire. Santé mentale au Québec, 42(1), 165-182. https://www.erudit.org/fr/revues/smq/2017-v42-n1-smq03101/1040249ar.pdf
  8. Doré, I. et Caron, J. (2017). Santé mentale : concepts, mesures et déterminants. Santé mentale au Québec, 42(1), 125-145. https://doi.org/10.7202/1040247ar
  9. Julien, D. (2018). Santé mentale, dans Institut de la statistique du Québec. (2018). Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2016-2017 – Tome 2 : L’adaptation sociale et la santé mentale des jeunes. https://bdso.gouv.qc.ca/docs-ken/multimedia/PB01670FR_EQSJS_2016_2017H00F02.pdf
  10. Le bien-être émotionnel fait référence aux émotions positives ainsi qu’à la satisfaction et à l’intérêt à l’égard de la vie. Le bien-être fonctionnel comprend le bien-être social (soit les expériences en société, telles que la contribution sociale, la réalisation sociale et l’intégration sociale) et le bien-être psychologique (soit le fonctionnement dans des domaines tels que l’épanouissement personnel, l’acceptation de soi, l’autonomie et les relations positives avec les autres).
  11. INSPQ (2018, octobre). Proportion des élèves du secondaire ayant une santé mentale florissante (EQSJS). Portail de l’Infocentre de santé publique du Québec. https://www.cisss-lanaudiere.gouv.qc.ca/fileadmin/internet/cisss_lanaudiere/Documentation/Sylia_statistiques_regionales/Sante_mentale_et_psychosociale/Sante_mentale_floris_EQSJS.pdf
  12. Bellehumeur, P. (2019). Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2016-2017 – La santé mentale florissante. Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière, Direction de santé publique, Service de surveillance, recherche et évaluation. https://www.cisss-lanaudiere.gouv.qc.ca/fileadmin/internet/cisss_lanaudiere/Documentation/Sante_publique/Themes/Portraits_populationnels_-_Jeunes/Sante_mentale_florissante_EQSJS_2016-2017-VF.pdf
  13. MEES, 2008, cité dans INSPQ (2018, octobre). Proportion des élèves du secondaire ayant reçu au moins un diagnostic médical d’anxiété, de dépression ou d’un trouble de l’alimentation (EQSJS). Portail de l’Infocentre de santé publique du Québec. https://www.cisss-lanaudiere.gouv.qc.ca/fileadmin/internet/cisss_lanaudiere/Documentation/Sylia_statistiques_regionales/Sante_mentale_et_psychosociale/Diag_anxiete_EQSJS.pdf
  14. Bellehumeur, P. (2019). Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2016-2017 – L’anxiété. Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière, Direction de santé publique, Service de surveillance, recherche et évaluation. https://www.cisss-lanaudiere.gouv.qc.ca/fileadmin/internet/cisss_lanaudiere/Documentation/Sante_publique/Themes/Portraits_populationnels_-_Jeunes/Anxiete_EQSJS_2016-2017-VF.pdf
  15. Couture, H. (2019). La santé mentale des enfants et des adolescents : données statistiques et enquêtes recensées. Études et recherches, Québec, Conseil supérieur de l’éducation. https://www.cse.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/2019/03/50-0512-ER-sante-mentale-enfants-ado.pdf
  16. Par exemple, notons L’Enquête sur la santé psychologique des 12 à 25 ans sous la supervision de la Dre Mélissa Généreux, professeure à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke et médecin-conseil à la Direction Santé publique du CIUSSS de l’Estrie – CHUS qui révèle que les jeunes du secondaire semblent percevoir leur santé mentale comme étant beaucoup moins positive depuis le début de la pandémie. De plus, le projet de recherche présentement en cours par Gallais, Blackburn et leurs collaborateurs, Adaptation psychologique et adaptation aux études des étudiant(e)s collégiaux face à la crise de la COVID-19,  a déterminé que la proportion d’étudiants vivant de la détresse psychologique a plus que doublé pendant le premier confinement.

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