RADAR LANAUDOIS



Parmi la cohorte lanaudoise de l’automne 2023, 8% des élèves lanaudois de la cohorte de l’automne 2023 présentaient un retard scolaire à leur entrée au secondaire1.

Dans la fiche Sorties sans diplôme ni qualification, il est mentionné que certaines caractéristiques sociodémographiques et scolaires des élèves peuvent influencer l’obtention d’un diplôme ou d’une qualification4. Certains groupes sont plus à risque de décrochage scolaire : les élèves présentant un retard scolaire, les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA), les élèves des territoires autochtones conventionnés, les élèves immigrants de première génération et ceux fréquentant une école publique située dans un milieu socioéconomique défavorisé. La présente fiche traite des deux premiers groupes. Les élèves issus de l’immigration et ceux issus de milieux défavorisés sont abordés dans les fiches Immigration et Effectifs scolaires, respectivement.

Faits saillants

Dans Lanaudière, la proportion d’élèves de la cohorte de 2023 qui accusaient un retard à leur entrée au secondaire est similaire à celle observée pour l’ensemble du Québec. Toutefois, cette proportion est beaucoup plus élevée dans les MRC du nord de Lanaudière que dans celles du sud. Depuis 2015, on observe une diminution de 24,1 % d’élèves accusant un retard à leur entrée au secondaire, le taux passant de 11,2 % à 8,5 %.

Pour ce qui est de la proportion régionale d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) au secondaire, elle est plus élevée que la proportion provinciale à l’automne 2022, passant de 32,8 % à 33,7 %. À l’échelle des MRC, seules Montcalm et Matawinie affichent des pourcentages plus élevés que ceux de l’ensemble de la région. Entre 2015 et 2023, on remarque une hausse importante de 23 % du nombre d’EHDAA dans Lanaudière (27,4 % à 33,7 %), phénomène également observable pour l’ensemble du Québec (augmentation de 21,5 %, le taux passant de 25,6% à 31,1 %2). Cette augmentation s’explique non seulement par une meilleure disponibilité des outils de diagnostic, mais aussi par divers facteurs socioéconomiques, politiques et psychosociaux.

(Mise à jour : mars 2026)

Explication et analyse

Au Québec, les élèves sont censés commencer le secondaire (formation générale des jeunes) à l’âge de 12 ans. On considère qu’un élève accuse un retard scolaire s’il entre au secondaire à 13 ans ou plus6. Ce retard est l’un des facteurs les plus étroitement liés au risque de décrochage scolaire, au même titre que le rendement et l’engagement à l’école7. En effet, il existe un lien clair entre le retard scolaire, les chances d’obtenir un diplôme et la probabilité de quitter l’école sans diplôme ni qualification8. De plus, le retard à l’entrée au secondaire entraîne des répercussions importantes sur la réussite scolaire : il réduit les chances d’obtenir un diplôme ou une qualification. Les élèves lanaudois qui accusent un retard sont beaucoup moins nombreux à obtenir un diplôme ou une qualification après sept ans au secondaire (voir graphique 3).

Une grande partie des élèves qui accusent un retard scolaire font partie du groupe des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA9). Ce groupe est formé des élèves inscrits à la formation générale des jeunes, au 30 septembre d’une année donnée, pour lesquels un plan d’intervention est déclaré.

Le fait d’avoir un handicap ou des troubles d’apprentissage diminue également les chances d’obtenir un diplôme ou une qualification. En 2024, les élèves HDAA de Lanaudière étaient beaucoup moins nombreux après sept ans au secondaire à obtenir l’un ou l’autre (taux de 57,4 % pour les élèves HDAA comparativement à un taux de 79,4 % pour ceux sans diagnostic).

Puisque les élèves provenant de ces groupes à risque sont surreprésentés parmi les sortants sans diplôme ni qualification9, le gouvernement s’est fixé un objectif d’équité, soit de réduire de moitié, d’ici 2030, les écarts de diplomation entre certains groupes d’élèves, dont les élèves HDAA. Les progrès réalisés depuis la mise en œuvre de cette politique montrent déjà des améliorations et encouragent les milieux scolaires à poursuivre leurs efforts10.

Autres fiches qui pourraient vous intéresser

  1. Les données portant sur les élèves présentant un retard scolaire proviennent de la Direction des indicateurs et des statistiques du ministère de l’Éducation compilées par ÉCOBES – Recherche et transfert du Cégep de Jonquière. https://regard360.shinyapps.io/plateforme
  2. Les données portant sur les élèves HDAA proviennent de la Direction des indicateurs et des statistiques du ministère de l’Éducation, compilées par ÉCOBES – Recherche et transfert du Cégep de Jonquière. https://regard360.shinyapps.io/plateforme
  3. Les données portant sur les taux de qualification et de diplomation proviennent de la Direction des indicateurs et des statistiques du ministère de l’Éducation, initialement compilées par ÉCOBES – Recherche et transfert du Cégep de Jonquière et mises à jour par le CREVALE. https://regard360.shinyapps.io/plateforme
  4. Ministère de l’Éducation. (2021). Le taux de sorties sans diplôme ni qualification en formation générale des jeunes : méthodologie. http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/statistiques_info_decisionnelle/Methodologie-2018-2019.pdf
  5. Ministère de l’Éducation. (2021). Diplomation et qualification – Par commission scolaire au secondaire – Édition 2021. http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/statistiques_info_decisionnelle/Rapport_diplomation_qualif_CS_sec_ed2021.pdf
  6. JANOSZ, M., et coll. (1997), cités dans LEMIRE, L. et J. PAYETTE. (2019). « Commencer le secondaire avec un retard scolaire : un risque accru de décrochage », On surveille pour vous, bulletin d’information lanaudois no 77, 1-2.
  7. À l’échelle du Québec, le taux de sorties sans diplôme ni qualification de l’année 2019-2020 est de 37,7 % pour les élèves avec un retard scolaire, bien au-dessus de la moyenne de l’ensemble des sortants (13,5 %).
  8. Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. (mai 2015). « Les décrocheurs annuels des écoles secondaires du Québec – Qui sont les décrocheurs en fin de parcours? Que leur manque-t-il pour obtenir un diplôme? », Bulletin statistique de l’éducation no 43, 1-24. http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/PSG/statistiques_info_decisionnelle/BulletinStatistique43_f.pdf
  9. Entre les cohortes de 2017 et de 2024, le taux de diplomation et de qualification après sept ans au secondaire pour les EHDAA pour l’ensemble du Québec est passé de 53,7 % à 60,5 %, représentant un taux de variation de +12,7 %. L’amélioration observée chez les élèves en retard est plus modeste, le taux passant de 52,4 % à 53,9 % pour la même période, avec un taux de variation de +2,9 %.