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En 2018, 8 municipalités de Lanaudière étaient classées parmi les plus vitalisées économiquement du Québec1.

Faits saillants

Les MRC de Lanaudière-Sud se classent parmi les MRC les plus fortement vitalisées du Québec. La MRC de Montcalm affiche un indice de vitalité économique assez élevé tandis que les autres MRC du nord ont un indice négatif, ce qui veut dire qu’elles accusent un retard par rapport à la majorité des MRC du Québec. À l’échelle régionale, 27 municipalités provenant de toutes les MRC de Lanaudière se classent dans les deux premiers quintiles de l’indice alors que sept municipalités des MRC de Matawinie et de D’Autray se retrouvent dans le dernier quintile.

La vitalité économique des territoires et des communautés est un concept défini comme étant la capacité pour un territoire local d’assurer un niveau de vie et d’emploi adéquat dans le but de maintenir, voire d’améliorer sa position économique relative au fil du temps3. L’indice de vitalité économique est calculé à partir de trois indicateurs qui représentent chacun une dimension essentielle de la vitalité économique :

  • Le taux de travailleurs, qui permet de mesurer la dimension marché du travail de l’indice.
  • Le revenu total médian des particuliers, qui permet de mesurer la dimension niveau de vie de l’indice.
  • Le taux d’accroissement annuel moyen de la population, qui permet de mesurer la dimension dynamique démographique de l’indice4.

La population souhaite vivre aux endroits où les possibilités d’emploi sont intéressantes afin de réduire le risque de pauvreté et d’augmenter la cohésion sociale. Le niveau de vie des personnes dépend ensuite du salaire offert par ces emplois. Les individus doivent disposer de ressources économiques suffisantes afin de satisfaire leurs besoins essentiels et de choisir la vie qu’ils veulent mener5. Or, les milieux dévitalisés présentent un taux d’emploi et un niveau de revenu plus faibles, ce qui est plus caractéristique de milieux où le marché est basé sur des emplois à bas salaire ou saisonniers nécessitant peu d’études. La dynamique démographique reflète quant à elle la capacité d’un territoire d’attirer et de retenir les habitants. Les municipalités dont la population est en déclin ont une capacité financière réduite, ce qui peut nuire au maintien des services de proximité, à l’entretien des infrastructures publiques et par conséquent à la qualité de vie des citoyens5.

Des analyses effectuées récemment ont permis d’identifier certaines variables permettant de mieux comprendre le phénomène de la vitalité économique4. En effet, certaines caractéristiques démographiques et géographiques sont fortement reliées au processus de dévitalisation6. Tout d’abord, on remarque que les municipalités de petite taille (1 000 habitants et moins) sont plus nombreuses à avoir un indice négatif. En outre, les municipalités se classant dans le dernier quintile de l’indice se caractérisent par une population relativement âgée. Comme cette partie de la population est souvent moins scolarisée, cela peut exercer une influence sur le niveau de diplomation ou de qualification des jeunes7. Finalement, il a été démontré que l’emplacement géographique d’une municipalité et son degré d’intégration par rapport au centre urbain le plus proche a une incidence déterminante sur sa vitalité économique8. Les milieux plus éloignés sont potentiellement aussi ceux où l’on ne retrouve pas d’établissement d’enseignement supérieur. Il est connu que ces enjeux d’accès peuvent avoir un impact sur la persévérance au secondaire et au collégial. La dévitalisation est un processus global qui s’inscrit dans un temps long, qui prend sa source dans plusieurs causes. Celles-ci peuvent être internes (p. ex. un sentiment de fierté et d’appartenance locale en baisse) ou externes à la municipalité (p. ex. la centralisation des services et des marchés) et peuvent être conjoncturelles (p. ex. la fermeture d’usines ou une délocalisation) ou structurelles (p. ex. un faible leadership dans la communauté locale). Certains facteurs apparaissent comme favorables à la revitalisation des communautés et gagnent à être facilités par les décideurs en place dans la mesure de leurs moyens9.

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  1. Les données portant sur l’indice de vitalité des municipalités et des MRC de Lanaudière proviennent de l’Institut de la statistique du Québec, exploitation des données fiscales des particuliers de Revenu Québec et Estimations de la population ainsi que Statistique Canada, Estimations de la population (série de février 2020). Adapté par l’Institut de la statistique du Québec. Les calculs ont été effectués par ÉCOBES – Recherche et transfert du Cégep de Jonquière. https://statistique.quebec.ca/fr/document/indice-de-vitalite-economique-des-territoires
  2. Dans la région de Lanaudière, 59 municipalités locales sont considérées par l’Institut de la statistique pour le calcul de l’indice de vitalité économique. Celles-ci n’ont pas toutes la même désignation selon le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. En effet, on répertorie 38 municipalités, 13 villes, 5 paroisses, un village, une réserve indienne (Manawan) et un territoire non organisé (Saint-Guillaume-Nord). Les 11 autres territoires non organisés de la région comptent tous moins de 40 habitants.
  3. Shaffer, R. et Summers, G., 1988, cités dans Ladouceur, S. (2018). Indice de vitalité économique des territoires. Rapport technique et méthodologique. Édition 2018, Institut de la Statistique du Québec.
  4. Institut de la statistique du Québec. (2021). Bulletin d’analyse – Indice de vitalité économique des territoires. Édition 2021. https://statistique.quebec.ca/fr/fichier/bulletin-analyse-indice-vitalite-economique-territoires-edition-2021.pdf
  5. Ladouceur, S. (2018). Indice de vitalité économique des territoires. Rapport technique et méthodologique. Édition 2018, Institut de la Statistique du Québec. https://statistique.quebec.ca/fr/fichier/indice-de-vitalite-economique-des-territoires-rapport-technique-et-methodologique-edition-2018.pdf
  6. Officiellement, l’indice de vitalité économique, construit par l’Institut de la statistique du Québec afin de remplacer l’indice de développement socioéconomique élaboré par le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT, maintenant désigné sous le nom de ministères des Affaires municipales et de l’Habitation), ne mesure pas la dévitalisation, mais plutôt le niveau de vitalité économique. Par contre, les municipalités se trouvant au cinquième quintile sont souvent qualifiées de « dévitalisées ».
  7. Gaudreault, M., Morin, I., Simard, J-G., Perron, M. et Veillette, S. (2018). Les facteurs territoriaux de persévérance et de réussite scolaires au Québec. Les Sciences de l’éducation – Pour l’Ère nouvelle, 51(3), 37-60. https://www.cairn.info/revue-les-sciences-de-l-education-pour-l-ere-nouvelle-2018-3-page-37.htm
  8. L’Institut de la statistique du Québec a utilisé la classification géographique de Statistique Canada portant sur les zones d’influence métropolitaine (ZIM). Cette classification s’applique aux localités qui se situent à l’extérieur des régions métropolitaines de recensement (RMR) et des agglomérations de recensement (AR). Les localités situées à l’extérieur de celles-ci (en zone rurale) sont classées selon le degré d’influence (forte, modérée, faible ou nulle) que les centres urbains exercent sur elles.
  9. Groupe de travail sur les municipalités dévitalisées (2010). Des communautés à revitaliser. Un défi collectif pour le Québec. Rapport du groupe de travail sur les communautés dévitalisées. https://www.mamh.gouv.qc.ca/fileadmin/publications/grands_dossiers/municipalites_devitalisees/rapport_communautes_devitalisees.pdf

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